This is the joint website of  Women Against Rape and Black Women's Rape Action Project. Both organisations are based on self-help and provide support, legal information and advocacy. We campaign for justice and protection for all women and girls, including asylum seekers, who have suffered sexual, domestic and/or racist violence.

WAR was founded in 1976. It has won changes in the law, such as making rape in marriage a crime, set legal precedents and achieved compensation for many women. BWRAP was founded in 1991. It focuses on getting justice for women of colour, bringing out the particular discrimination they face. It has prevented the deportation of many rape survivors. Both organisations are multiracial.

 

 

 

Le viol ne peut être séparé de la campagne plus large pour la justice

Séries: Réponse

katrin-axelsson.jpgJulian Assange ne devrait pas devenir la cible d’une fureur contre le sexisme.

Katrin Axelsson
The Guardian, Vendredi 21 janvier 2011.

Suzanne Moore accuse Naomi Wolf d’avoir « confondu la vie privée avec le politique » (Tout ce féminisme poli et souriant ne sert à rien. Il est temps de se mettre en colère, 15 janvier). Effectivement, l’appel de Wolf pour la fin de l’anonymat des victimes de viol suite au cas d’extradition de Julian Assange montre son ignorance (La moralité de l’anonymat, 5 Janvier). Personne à notre connaissance ne considère la protection qu’offre l’anonymat « condescendante ». Il ne rend pas non plus « les poursuites pour viol plus difficiles » ; le peu de plaintes (environ 10% des viols) et le faible taux de condamnations sont principalement le résultat d’enquêtes négligentes et entachées de préjugés.

Mais Moore elle-même est confuse. En quelque sorte, les femmes préoccupées des dangers que court le fondateur de WiliLeaks (extradition et même exécution) à cause de l’efficacité de WikiLeaks « perdent la tête au sujet d’Assange. J’imagine déjà Bianca Jagger lui lavant les pieds avec ses larmes ».

En ridiculisant Jagger, Moore élimine les Droits de l’Homme et l’opposition aux dictatures des préoccupations féministes. Quel condamnation de son féminisme ! De cette façon, elle évite le cœur de la question : les allégations de viol contre Assange ne peuvent plus être séparées des fins politiques qui déterminent la façon dont elles sont traitées. Il devient une cible facile pour les la fureur et les frustrations contre le sexisme. Partie prenante depuis plus de 35 ans d’un mouvement de survivantes au viol, nous faisons campagne pour la justice et la protection, pour le droit des victimes de viol à l’anonymat et le droit des accusés à être présumés innocents jusqu'à preuve du contraire.

Moore se répand en injures contre « les résultats pitoyables » achevés par le féminisme « gentil » qui craint d’être qualifié d’ « anti-hommes ». Elle s’oppose aux « implants de silicone », au « shopping » et au terme de « travailleuses du sexe » : « nous sommes toutes les travailleuses du sexe de nos jours … nous sommes toutes encouragées à être sexy à vie. » Elle déclare : « Je veux un mouvement. » Et qui propose-t-elle ? Andrea Dworkin, obsédée contre la pornographie, une « toquée », mais qui avait « des couilles ». Est-ce de couilles dont les femmes ont besoin ? Nous pensions avoir besoin de principes. Malheureusement, ceux-ci sont plutôt rares.

Moore reconnaît que « transformer des jeunes filles vulnérables en prostituées toxicomanes est dégoutant dans nimporte quelle culture », mais déprécie les critiques des commentaires racistes de Jack Straw soutenant que les hommes d’origine asiatique « s’en prennent aux vulnérables jeunes filles blanches ». Les arguments « de l'appartenance ethnique et de la foi » ne constituent pas « la question décisive », dit-elle. Pourtant, la plupart des violeurs au Royaume-Uni sont, bien sûr, blancs.
Cela rappelle l’ouvrage de Susan Brownmiller, Contre notre volonté, la bible féministe contre le viol, qui était ambivalent à propos du lynchage d’Emmet Till, 14 ans, qui avait sifflé une femme blanche. Son sifflement « était…. à un pas de l’agression physique, un dernier rappel … que ce garçon Noir, Till, avait en tête de la posséder ».

Moore devrait plutôt attaquer les féministes du gouvernement qui agissent rarement pour les femmes et souvent contre nous. Quand elle dit « ce sont les femmes qui souffrent le plus des coupures que font les hommes », elle oublie que les coupures de la sécurité sociale d’Yvette Cooper exigeaient que même les victimes de violence conjugale devaient être disponibles au travail. Et quand, après les horreurs d'Abu Ghraib, nous avons écrit à toutes les femmes députées au sujet des viols et de la torture dont étaient victimes les femmes irakiennes, leur silence a été assourdissant.

Katrin Axelsson est porte-parole de Women Against Rape (Femmes Contre le Viol) war@womenagainstrape.net

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